Quelle est la différence entre un risque et un aléa ?

L’aléa est le phénomène dangereux lui-même : une inondation, un glissement de terrain, un affaissement minier. Le risque est ce qui se produit quand cet aléa rencontre des personnes ou des biens exposés. En une phrase : l’aléa décrit le danger, le risque mesure ses conséquences possibles. Un aléa sans enjeu exposé ne crée pas de risque.

AléaRisque
Ce que c’estLe phénomène dangereuxLa conséquence redoutée de ce phénomène
Ce qu’il décritUne probabilité, une intensité, une localisationLe croisement du phénomène avec les enjeux exposés
ExempleUne crue centennale possible sur un secteurDes habitations situées dans cette zone inondable

Les définitions de référence #

Selon la doctrine, l’aléa est une composante du risque. L’aléa est la survenance d’un phénomène plus ou moins probable dans un espace donné ; il suppose réunis des critères d’intensité, d’occurrence spatiale et temporelle.

Le risque se définit comme la probabilité de pertes humaines et de dégâts, estimée à partir de la confrontation d’un aléa (phénomène naturel dangereux) et d’une zone géographique où existent des enjeux soumis à vulnérabilité, qu’ils soient humains, économiques ou environnementaux.

La formule à retenir #

Risque = Aléa × Enjeux × Vulnérabilité.

Cette équation a une conséquence très concrète : sur deux parcelles exposées au même aléa, le risque n’est pas identique. Un terrain agricole et une maison d’habitation situés dans la même zone inondable subissent le même aléa, mais pas le même risque, parce que les enjeux exposés diffèrent. C’est pourquoi connaître l’aléa ne suffit jamais : il faut le rapporter à ce que vous voulez faire de la parcelle.

Les quatre notions à ne pas confondre :

  • Aléa : le phénomène dangereux potentiel, caractérisé par sa probabilité, son intensité et sa localisation.
  • Enjeux : ce qui peut être touché, personnes, bâtiments, activités, environnement.
  • Vulnérabilité : le degré de fragilité de ces enjeux face à l’aléa.
  • Risque : le résultat du croisement des trois.

Un cas concret #

Le cabinet a traité un dossier dans le bassin stéphanois où l’aléa était souterrain : d’anciennes galeries de mine. Pris isolément, cet aléa ne disait rien du projet. C’est en le croisant avec l’enjeu, ici un projet de piscine, que le risque est apparu et a rendu la construction impossible à cet endroit. Le même sous-sol, sous un autre projet, n’aurait pas produit le même risque.

Ce que dit le cadre juridique #

Cette distinction n’est pas que théorique : elle structure les Plans de Prévention des Risques Naturels (PPRN), qui zonent un territoire selon l’intensité de l’aléa et le niveau de risque admissible (articles L562-1 et suivants du Code de l’environnement). Elle conditionne aussi l’État des Risques et Pollutions (ERP) annexé à toute vente ou location, au titre de l’information de l’acquéreur et du locataire (article L125-5 du Code de l’environnement).

Pour comprendre comment un PPRN traduit l’aléa en règles constructibles, consultez notre page Construire en zone à risque : tout savoir sur le PPRN. Pour la logique d’ensemble de ces plans, voir Tout savoir sur les plans de prévention des risques. Et pour distinguer les grandes familles de risques, voir Les risques majeurs : confusion et profusion.

Questions fréquentes #

Un aléa peut-il exister sans risque ?

Oui. Un aléa présent dans une zone où aucun enjeu n’est exposé, ni personnes, ni biens, ni activités, ne génère pas de risque au sens opérationnel. C’est la rencontre de l’aléa avec des enjeux vulnérables qui fait naître le risque.

Comment savoir si une commune est exposée à un aléa ?

Les aléas connus sont recensés sur le portail Géorisques, dans le Dossier Départemental des Risques Majeurs (DDRM) et, lorsqu’il existe, dans le PPRN de la commune. Mais ces portails ont leurs limites : ils ne sont pas exhaustifs, accusent des retards de mise à jour et comportent des erreurs de géolocalisation. Surtout, leur donnée n’est pas opposable. La seule donnée qui l’est est celle de la Préfecture, et certains arrêtés préfectoraux ne sont pas encore visibles en ligne. Établir un état des risques fiable suppose donc d’aller traquer ces sources, de les confronter et de repérer les incohérences qu’un algorithme ignore.

Et même bien repéré, l’aléa ne dit pas le risque réel sur une parcelle précise : celui-ci dépend de votre projet et des enjeux exposés. C’est précisément ce que nous établissons dans un État des Risques et Pollutions.

Quelle différence entre un risque naturel et un risque majeur ?

Un risque majeur est un risque dont la probabilité est faible mais dont les conséquences sont graves et difficilement gérables, qu’il soit naturel ou technologique. Le détail des familles de risques est traité dans notre page Les risques majeurs : confusion et profusion.

Sécuriser votre projet ou votre acte #

Avant de sécuriser un acte ou d’engager un projet, savoir quels aléas pèsent réellement sur une parcelle, et quel risque ils représentent au regard de ce que vous comptez y faire, change tout. C’est précisément ce que nous établissons dans nos États des Risques et Pollutions et nos Notes de Renseignements d’Urbanisme. Comme le résume le cabinet, l’éthique de notre métier, c’est de vendre de la sécurité, pas du papier. N’hésitez pas à nous solliciter pour faire le point sur votre situation.

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